Le blues

Que les temps soient Pop, Rock ou Techno, le blues est toujours là comme au début du siècle.
Avec les mêmes douze mesures impérissable. Avec les mêmes chansons qui parlent de peines, de souffrances, d’espoirs et de joies.
Qu’on le considère comme une musique sacrée ou comme une musique du diable, le blues est LA musique qui parle au cœur de chacun…

« Toute la musique que j’aimeuh, elle vient de là, elle vient du bluuuues »

Le blues, comme toute forme de musique populaire, est le résultat d’influences diverses et variées qui se sont accumulées au fil du temps.
Dater avec précision son origine serait difficile puisque le mot blues n’apparaît dans aucun texte avant les années vingt…
Mais on peut placer certains repères chronologiques qui ont eu leur importance dans sa naissance et son évolution.

Issu des rives boueuses du Mississipi et de ce Sud profond, la musique blues a longtemps accompagné l’histoire du peuple noir américain.
A l’arrivée des esclaves noirs au début du 18ème siècle, ceux-ci apportent avec eux une culture orale et quelques instruments de musique.
La danse et les tambours étant interdits (sescpetibles de véhiculer des messages), les esclaves inventèrent les worksongs (ou field hollers), sorte de chants qui rythment le travail dans les plantations.
La construction de ces worksongs est assez simple : un chanteur lance une phrase, et les autres personnes la reprennent en choeur.

Hoe Emma Hoe

Lightning – Long John

Les prémisses du blues

Au début du 20ème siècle, de nombreux Noirs d’Amérique quittèrent le sud des Etats-Unis pour le Nord, plus industrialisé, afin de se libérer de leurs anciens maitres, et trouver un travail dans l’une des grandes industries américaines.
Jusqu’en 1940, plus de 2 millions de Noirs seraient passés au Nord dans l’espoir de se faire embaucher.
Ce pic d’émigration aurait augmenté notablement la population des villes américaines de New-York, Détroit, Chicago, Philadelphie, comme celles de Boston, Pittsburg et Cincinnati
Une grande majorité de cette population noire s’est retrouvé à Détroit.
Son économie étant basé sur l’industrie automobile de Mr. Ford, la ville de Détroit a accueilli un nombre important de Noirs jusque dans les années 20.
C’est dans le ghetto Black Bottom, sur la rue Hasting, que beaucoup de bluesmen ont eu leur premier contact avec le public.

Le blues du Delta

La dureté de la vie et la pauvreté font de ce blues un blues très rude, simple et lancinant.
L’écriture est très poétique avec l’utilisation de nombreuses métaphores et le chant s’élève comme une mélopée mélancolique.
L’improvisation étant l’élément (presque) central du blues, il n’est pas rare que les blues traditionnels durent plus de 20 minutes.
La guitare est avant tout rythmique avec une basse puissante et un nombre réduit de notes (parfois une seule) même si le bottleneck ou le slide sont souvent utilisés.
L’harmonica viendra par la suite accompagner la guitare mais l’instrument le plus souvent utilisé au début sera la washboard (planche à laver frottée par un galet de bois).
Les porteurs de ce sous-genre sont, entre autres, Charley Patton (1891-1934), Blind Lemon Jefferson (1893-1929), Leadbelly (1888-1949) et Bessie Smith (1894-1937).

Charley Patton – Shake It And Break It

Blind Lemon Jefferson – See That My Grave Is Kept Clean

Leadbelly – Where Did You Sleep Last Night

Bessie Smith – Yellowdog Blues

Le blues urbain

Si le blues du delta est joué en « campagne » pour un petit groupe de personnes, le blues urbain, joué dans des clubs ou dans la rue, nécessite une sonorisation plus forte pour pouvoir être entendu.
C’est ainsi que commencèrent à se former de véritables orchestres de blues avec basse, batterie, piano, guitare et parfois même des cuivres (influence jazz oblige).
Jusqu’à la fin des années 40, le blues urbain pris le dessus sur le blues rural grâce à des gens comme Big Bill Broonzy (1893-1958), T Bone Walker (1910-1975) ou encore Lonnie Johnson (1899-1970).

Big Bill Broonzy – Key To The Highway

T Bone Walker – Call It Stormy Monday

Loonie Johnson – Another Night To Cry

Le mariage de la guitare électrique et du blues

Au début des années 50, le blues s’est recentré à Chicago avec l’arrivée de nombreux musiciens bluesmen du Mississipi : Howlin’ Wolf, Jimmy Reed, Muddy Waters, Willie Dixon et Buddy Guy. C’était l’époque de l’électrification des guitares, un style dans lequel a excellé B.B. King. Durant cette période se sont illustrés les grands T-Bone Walker, Michael Walton et John Lee Hooker.
Dans les années 60, le blues s’est surtout développé en Angleterre, avec les Rolling Stones, les Yarbirds, John Mayall, etc. Ces musiciens auront influencé la scène blues-rock américaine des années 70. À la fin de la décennie, le style West Side blues a été créé à Chicago par des artistes comme Magic Sam, Junior Wells, Earl Hooker et Otis Rush. Le West Side blues de Magic Sam, Otis Rush, Buddy Guy et Luther Allison était caractérisé par une guitare électrique sur-amplifiée.

Sources utilisées

Guitare Domination, www.guitaredomination.com
My World, My Music, mywmym.free.fr

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